L’édition musicale : lumière sur une profession complexe

L’édition musicale est entachée d’une réputation pas toujours très positive, alors aujourd’hui on vous propose de vous éclairer à propos de cette profession entourée de mythes et de « on dit ».


Les liens entre éditeur musical et artiste 

L’édition musicale est de loin la profession dont l’intervention est la plus difficilement perceptible dans le milieu musical d’où sa réputation.

L’éditeur musical est lié par un contrat à l’artiste. Il est censé permettre l’existence de l’œuvre et assurer son exploitation. Il est chargé de collecter les redevances, gérer l’utilisation publique de la musique et trouver des opportunités de licence.

Un artiste peut être son propre éditeur musical mais pour que ces missions soient correctement assurées cela demande énormément de temps méritant la présence d’un professionnel. Ainsi les artistes finissent en général par signer un contrat avec un éditeur, les termes de celui-ci déterminent le pourcentage de commission que prendra l’éditeur en échange de ses services.

Pour valoriser la collaboration sur la durée, l’éditeur peut mettre en place un pacte de préférence, l’artiste promet ainsi de signer prioritairement ses prochaines œuvres auprès du même éditeur. En échange l’éditeur s’engage à fournir tous les efforts nécessaires à la réalisation du contrat et se positionne comme le commerçant de l’œuvre.

Si une licence est créée (un contrat cédant les droits d’utilisation de la musique) alors les gains sont partagés entre l’éditeur et l’artiste selon les termes du contrat.


Les missions de l’éditeur musical 

« L’éditeur est le professionnel qui assume par tous les moyens auprès du public, la diffusion permanente et suivie d’une œuvre. » 

Jean-François Bert

Les missions de l’éditeur musical sont nombreuses, on lui demande d’être particulièrement polyvalent.

Tout d’abord l’artiste attend de son éditeur musical qu’il accomplisse un réel travail administratif : de la protection juridique des œuvres à la défense des droits d’auteurs en passant par la formalisation des dépôts. Historiquement la loi attend de l’éditeur une fonction principale : faire exister l’œuvre sous forme de partition. Et naturellement cette fonction est suivie d’une autre : assurer la commercialisation de l’œuvre. Cette exploitation commerciale nécessite de trouver des interprètes si les auteurs compositeurs ne le sont pas. Enfin l’aboutissement de toutes ces missions réside dans la bonne gestion des droits patrimoniaux des artistes : droit de reproduction, de représentation et de suite. Cela permet d‘assurer une bonne remontée des flux financiers via la société de gestion collective (la SACEM en France).

Le travail d’un éditeur s’effectue sur la longueur, son objectif étant de multiplier les versions de l’œuvre pour multiplier les remontées financières.

L’artiste attend également de son éditeur un vrai accompagnement artistique, un partage d’expérience, etc. Pour l’éditeur le principal objectif de cet accompagnement est de trouver un label afin d’assurer l’exploitation phonographique.


L’histoire de l’édition musicale 

L’édition musicale a connu 3 phases bien distinctes.

Avant le XXe siècle le support musical était la partition, ainsi il était attendu de l’éditeur musical de faire exister l’œuvre sous forme de partition.

Cependant au XXe siècle apparaissent d’autres formes de support musical (disques, radio, télé) et cela implique pour l’éditeur de rajouter aux tâches existant précédemment la gestion de la diffusion de l’œuvre via ces nouveaux supports.

Enfin les années 2000 et internet laissent place à la dématérialisation de la musique et à un nouveau mode de consommation de celle-ci : le streaming, impliquant pour l’éditeur de renouveler ses méthodes.


Les problématiques actuelles de l’édition musicale 

L’édition musicale est encadrée par le code de la propriété intellectuelle et obéit à de nombreuses contraintes ainsi celle-ci doit en permanence s’adapter aux nouvelles formes de consommation musicale.

La dématérialisation a eu plusieurs conséquences : notamment la crise du marché physique qui a mécaniquement provoqué une perte de revenu pour les éditeurs, dû à aux droits de reproduction qui n’ont donc plus de raison d’exister. Effets moins directs mais pas moins important : la chute de la production phonographique impliquant donc une baisse importante de l’activité des labels, voire la disparition pour certains. Ainsi trouver un label devient plus compliqué aujourd’hui. De plus même lorsqu’un label accepte de travailler avec un artiste, de plus en plus ceux-ci demandent la cession des éditions impliquant de condamner les éditeurs à renoncer à leur revenu.

Ainsi cette crise implique pour l’éditeur d’être encore plus polyvalent.

A l’heure actuelle parmi les exploitations les plus rémunératrices on trouve les synchronisations (placement de musiques à l’image). Elles sont souvent gérées de gré à gré afin d’augmenter la rémunération plutôt que de passer par une société de gestion collective (qui considère que chaque extrait musical a la même valeur).

De plus la dématérialisation implique la multiplicité de supports rendant le suivi compliqué. Ainsi pour assurer une rémunération la plus large possible il est nécéssaire d’avoir recours à des entreprises proposant des outils de tracking.

Enfin de nouvelles possibilités se sont ouvertes récemment : notamment les associations entre musiques et marques.


Trouver un éditeur 

Le meilleur moyen de trouver un éditeur est d’aller vers lui. Beaucoup d’entre eux ont des candidatures ouvertes. Les éditeurs sont en recherche constante d’artistes car leur but est de trouver des musiques et de les placer.

Pour débuter dans ta recherche tu peux commencer par ces compagnies :

  • Third side
  • Domino publishing
  • Warner Chappel
  • Sony ATV

Cela est un bon moyen de se familiariser avec le travail d’éditeur.

Avant de soumettre votre travail aux éditeurs renseignez-vous sur leur style musical habituel et lisez les instructions de présentation.

Pour ce qui est de ce que vous soumettrez, faites attention au format. Une chanson disponible en streaming est une bonne base même si certains éditeurs peuvent demander des sources mp3. Si c’est le cas il faut impérativement que votre musique ait été masterisée.


Si vous êtes artistes ou éditeur vous pouvez réserver votre session dans un studio sur RekYou.

Leave A Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *